Nightlife Magazine – Octobre 2007
par Sarah Lévesque
Vitesse grand V
MISTEUR VALAIRE / Dyslexie dangereuse
Le batteur Louis-Pierre Phaneuf, ou Luis pour l’intimité d’une discussion, se fait le fier porte-parole d’un groupe qui socialise surtout en notes et en groove. Les mots, les cinq musiciens de Misteur Valaire les évitent tel un poison.
Comme si les paroles portaient en elles un pouvoir de contamination, un effort cérébral loin du plaisir basique de la musique. Faut voir leur représentant cybernétique, un ami du groupe, expliquer le côté sauvage de Misteur Valaire sur YouTube.
Cela dit, Luis se tire bien d’affaire pour expliquer cette musique, qui touche à l’électronique comme au jazz. «Tout le monde a le droit de s’amuser des deux côtés, soit du bord organique des instruments ou de celui de l’électronique, avec des machines», souligne-t-il. Une démarche démocratique où chacun, en plus de son propre instrument (saxophone, trompette, batterie, basse ou percussion), s’amuse avec claviers et boîtes à rythme sans jamais perdre le tempo.
Il y a déjà un moment qu’une saine alchimie anime les gars de Misteur Valaire. Les premiers balbutiements remontent aux années d’acnés et autres démangeaisons ingrates, à une école secondaire de Sherbrooke. Ce n’est que bien plus tard, pour les besoins d’inscription à un concours, que le groupe réalise à vitesse grand V une première maquette. Celle-ci est devenue un album véritable, intitulé Mr. Brian, en 2005. Depuis, la cadence semble s’accélérer. Le groupe a déménagé à Montréal, où un entourage tissé serré, une sorte de famille, s’est greffé à lui: l’équipe Panda pour les éclairages, les vidéographes S2E7 pour les visuels… Organisé, vous dites?
Résultat: la bande fait du bruit. Elle a remporté quelques concours prestigieux, très «industrie», dont la Bourse Rideau 2007. Elle a aussi défoncé le plancher le Café du Fjord, lors du Festival de la chanson de Tadoussac, en juin dernier. Preuve à l’appui encore sur Youtube. «On jouait trois soirs de suite au Café, raconte Luis. Au troisième, crois-moi, on était attendus. Après trois tounes, tout le monde bounçait tellement que le plancher a lâché. Par chance, y’a pas eu de blessés. On était même prêts à continuer le spectacle, mais le propriétaire ne voulait pas aggraver la situation. On est trop dangereux,
ç a a l’air.»
Don d’adon
Cet automne, Misteur Valaire s’attaque à un nouveau défi: un second disque uniquement disponible via Internet, gratuit pour tous les curieux. Friterday Night est téléchargeable sur le site du groupe depuis le 5 septembre. Les raisons de ce geste? «Nous, on veut toucher un plus grand nombre de personnes possible avec un album complet de qualité, explique le batteur. On l’a masterisé nous-mêmes à New York. Y’a qu’Internet qui t’ouvre autant sur le monde.»
Avec son titre d’album étrange, Misteur Valaire veut rendre hommage à la dyslexie de l’un de ses membres. «De toute façon, on a aussi une personnalité dyslexique en tant que groupe et on l’assume à 100%, tant dans le titre de nos pièces que dans notre musique», lance fièrement Luis. «On est faits de même.» [
Le 3 novembre à la Maison de la culture – Notre-Dame-de-Grâce – www.misteurvalaire.ca
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