Misteur Valaire : Électrochoc

Le Métro – 2 novembre 2008

Par Geneviève Vézina-Montplaisir



Véritables précurseurs, les membres de la jeune formation québécoise Misteur Valaire ont été dans les premiers artistes à offrir leur album exclusivement et gratuitement sur internet. Il y a un peu plus d’un an maintenant, le disque Friterday Night était disponible sur la toile. À l’heure qu’il est, presque 22 000 téléchargements ont été répertoriés.  

«On n’est pas les premiers à avoir offert notre disque gratuitement sur internet, parce qu’il y a avait déjà des web label et des compagnies qui vendaient de la musique sur la toile, mais la façon de le faire, le fait que l’album soit téléchargeable dans plusieurs formats, qu’il soit gratuit, aussi accessible, que les gens puissent naviguer à travers les chansons sur le site, c’était pas mal la première fois que ça se faisait de cette façon-là, explique Luis, l’un des membres du groupe. Il y a Radiohead qui l’a  fait après nous, mais leur con­cept était différent.»


Pour l’ancien quintette jazz de Sherbrooke, qui fait maintenant dans l’électro éclatée, cette façon de faire s’est avérée payante. Le groupe s’est retrouvé en nomination au gala de l’industrie de l’ADISQ qui avait lieu lundi, dans la catégorie Album électronique de l’année, aux côtés de Chromeo (gagnant du Félix), Ghislain Poirier, Les amis du Pakistan et Millimetrik. 


«C’est la première fois qu’il y avait un disque gratuit en nomination, expli­que le percussionniste. C’est super le fun, ça veut dire que l’ADISQ considère no­tre album com­me ceux qui sont distribués en magasin. Ça veut dire que les choses évoluent.»


Le vent dans les voiles


Effectivement, les choses évoluent rapidement pour les cinq amis du secondaire qui ont commencé à jouer ensemble quand ils n’avai­ent pas encore de poil au menton. 


Après un premier album jazz qui s’est retrouvé en magasin en 2006, les gars s’équipent en matériel électronique et leur style musical commence à se construire : un mélange d’électro et de jazz unique, quasi instrumental, aux 


sonorités parfois rock ou hip-hop. 


Voyant que l’industrie du disque s’essouffle, ils mettent leurs compositions sur internet. Ces dernières sont en outre toujours en transformation. Des remix sont ajoutés tous les mois sur le site du groupe. Ariane Moffatt a chanté sur leur dernière création, Astronef, une version de la pièce déjà existante SP 4Lovers.


Misteur Vallaire multiplie également les spectacles – leur source principale de revenus – aux quatre coins de la province. Ils ont même déjà une réputation de bêtes de scène qui leur colle à la peau. Cet été, ils ont littéralement défoncé la scène durant un spectacle donné à Tadoussac. Sur­voltés, vous dites?


«On a évacué la place après trois tounes! se souvient Luis. On est cinq musiciens, on fait un mélange de musique électronique, alors c’est super dansant et on essaie de donner le plus d’énergie possible. Avec toute l’instrumentation, quand il se passe quelque chose, tu peux comprendre. Ce n’est pas juste des gars qui bidouillent sur leur ordi ou sur leur machine.»


À 21 ans, les cinq musiciens ont l’avenir devant eux et ils voient grand. Ils ne sont pas encore prêts à sortir un deuxième album – ils rodent encore leurs nouvelles compositions en spectacle et ils souhaitent définir davantage leur style – mais l’appel du voyage se fait sentir. 


«On sait qu’on vise le monde, qu’on veut sortir du Québec aussitôt que ça va être possible, affirme Luis. On commence à avoir des rode case pour voyager! L’Europe, c’est ce qu’on regarde en premier.»


Friterday Night

www.misteurvalaire.ca