Le Soleil – 24 août 2011
(Québec) Était-ce le ciel menaçant? Ou le fait que le public d'Expo Québec préfère les vétérans et les has been aux jeunes loups? Toujours est-il que c'est une foule un peu timide qui a accueilli Misteur Valaire, hier, à la scène extérieure. Or, au terme de la performance, non seulement les spectateurs étaient plus nombreux, mais ils étaient tous gagnés à la cause du quintette.
Voilà un peu plus d'un an que Misteur Valaire a lancé Golden Bombay, son troisième album. Depuis, la troupe originaire de Sherbrooke a sillonné le globe, s'arrêtant cet été dans de grands festivals, notamment aux Vieilles Charrues, en Bretagne. Ça se poursuivra cet automne du côté de l'Allemagne, puis de l'Hexagone et de la Belle Province.
Déstabilisant
Il y a quelque chose de réjouissant à voir un band aussi singulier que Misteur Valaire se tailler une place dans l'univers formaté du showbiz. Son électro-jazz-rock-rap, le plus souvent instrumental, ne ressemble pas à grand-chose et peut déstabiliser l'auditeur; or, il est si festif et proposé avec une telle énergie qu'il séduit sans détour. On l'a aisément constaté, hier : au devant de la scène se trouvait une bande d'initiés, très enthousiastes, et, derrière, des curieux qui n'ont pas été longs à taper du pied, à se déhancher ou à opiner du chef.
Il faut dire que le groupe est arrivé avec une machine parfaitement huilée. Dès Gumshoe, en ouverture, on sentait la troupe en pleine possession de ses moyens. C'est toutefois avec le doublé d'Ave Mucho, où le percussionniste, Luis Clavis, se transformait en MC, puis avec l'excellente Brandon Marlow, que le show a pris son envol. Les gars, qui sont arrivés tout de blancs vêtus, puis qui ont retiré leurs vestons afin d'arborer une veste de sportif, ont tour à tour fait la part belle aux claviers, à la trompette (Roboto), au saxophone (DRouin), à la basse (France) ou aux platines – que le batteur, Kilojules, animait quand il ne maniait pas les baguettes – tout ça sans perdre de vue le groove. Les musiciens étaient complices et prenaient un plaisir évident à nous faire entrer dans leur univers décalé. Fait à souligner, ils ne faisaient pas qu'interpréter leur musique, ils l'incarnaient en dansant et en ne manquant pas d'assaisonner leur performance d'une bonne dose d'humour.
La dernière portion de la soirée, avec entre autres Shaving, Sweet Charlemagne, Mama Donte et Monster Donte était très réussie. On en aurait pris bien davantage… Nul doute que Misteur Valaire a consolidé son bassin de fans à Québec et s'est trouvé de nouveaux adeptes.
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