Zdar.net – 7 octobre 2010
Par Benoît Darcy
Et si nous tenions notre perle québécoise de cette année 2010 ? Je cherchais encore depuis la découverte Karkwa l’an dernier, et le coup de coeur immédiat que j’avais éprouvé pour ce groupe en provenance de Montréal. Leurs compatriotes de Misteur Valaire viennent de Sherbrooke et évoluent dans un style bien différent, qu’ils placent eux-mêmes aux confins du Hip-Hop, de l’Electro, du Jazz et de la Pop, tout en gardant une vraie énergie rock. Qu’à cela ne tienne, ils viennent, en seulement quelques concerts, de conquérir l’Hexagone. Quelques dates, et en particulier celle-ci, à la Maroquinerie. Un véritable match à guichet fermé dans une salle remplie a ras-bord et surchauffée. Sur disque, Misteur Valaire est presque déroutant. Trois albums à leur actif et une politique de distribution disruptive, basée sur le « pay as you want » popularisé par… Radiohead. Pour leur petit dernier Golden Bombay, cela ne les a manifestement pas empêché de réaliser d’honorables ventes physiques, ni de caracoler dans le top10 de l’iTunes Store canadien. Le caractère majoritairement instrumental de leur musique leur garantit une accessibilité indéniablement plus large… Sur scène, Misteur Valaire est une boule d’énergie, une pile électrique qui ne faiblit jamais, du premier au tout dernier titre. Le tempo élevé et le plaisir en point de mire, nos cinq cousins d’outre-atlantique jouent comme des adolescents passeraient leur mercredi après midi a répéter dans la cave parentale, la maitrise instrumentale en plus… Ils se font plaisir et font plaisir à leur public entre un solo de trompette, un tour de magie électronique à la sauce MPC, une pirouette percussive, ou une chorégraphie foutraque des plus inattendues…
Misteur Valaire est capable d’installer des climats au groove d’une absolue efficacité : plus théâtral que General Elektriks, plus électronique que Shakaponk, plus jazzy que Naive New Beaters. D’ailleurs, comme ce fût le cas avec ces trois groupes, on leur souhaite que la bonne fée de la synchro se penche sur un de leurs albums…
Ceux-là méritent un développement a la hauteur de leur riche musique et de leur compréhension du marketing musical tel qu’on peut le pratiquer en 2010. Sereinement.
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