Les gars de Misteur Valaire ont fait «bouncer» le Métropolis mercredi soir Un groupe qui impressionne
C’est en voyant Misteur Valaire sur scène que nous avons succombé à la musique du groupe la première fois. C’était à l’automne 2008, au Théâtre Corona, à l’occasion du Gala de l’alternative musicale indépendante du Québec. À l’écoute de cet amalgame de jazz, d’électro et de hip-hop, et à la vue de ce dynamique quintette vêtu de vestes sans manches aux couleurs éclatantes, impossible de battre en retraite : ne restait plus qu’à s’abandonner aux airs à la fois pétillants et légers de la formation, en sautant dans les airs au même rythme que ses membres. Cet état d’euphorie, nous l’avons de nouveau atteint hier soir au Métropolis.
Dans une enceinte pleine à craquer, Misteur Valaire a consolidé sa positon de plus en plus enviable dans le paysage musical québécois, celle d’un groupe novateur et assuré sur qui on pourra toujours compter pour faire lever un party. Les rumeurs entourant la venue de James Di Salvio se sont cristallisées dès la troisième pièce du concert lorsque le leader de Bran Van 3 000, accompagné de son acolyte Liquid, est sorti des coulisses pour Ave Mucho, une bombe dansante qui respire le hip-hop old school.
On ne peut passer sous silence l’ambitieuse mise en scène du spectacle, signé Brigitte Poupart. Alors qu’en début de soirée, la scène ressemblait à un plateau de tournage d’une émission de variétés des années 1970, avec ses larges escaliers blancs bordés d’ampoules, elle a progressivement retrouvé une allure plus contemporaine grâce à d’habiles jeux de lumière et à deux écrans exploités à leur plein potentiel.
Hormis les chansons (de plus en plus mélodiques, si on se fie au dernier opus du groupe, Golden Bombay), c’est l’énergie dégagée par les cinq Sherbrookois qui séduit : un savant mélange d’ironie (un court lipsynch sur la célèbre Que je t’aime de Johnny Hallyday en plein milieu d’une chanson), d’humilité (une relation d’égal à égal avec leurs fans) et d’humour (un début de striptease sur une musique de cabaret des années 1950).
Il fallait les voir aligner les mouvements de danse en ligne sur Et si c’était un veau… Une chorégraphie qui ferait rougir d’envie les boys bands de la décennie 1990! Et que dire du moment où Louis s’est élevé au-dessus de la foule pendu au bout d’un harnais? On se serait cru dans un vieux clip live de Bon Jovi…
Qu’ils soient en train de jouer de la batterie, de tapoter leurs claviers, de s’adonner à quelques petites stepettes, de s’accompagner au saxophone ou de sauter derrière leurs machines, les gars de Misteur Valaire impressionnent vraiment.
Le point de vue des fans
En général, il est interdit de filmer un concert. Hier soir, par contre, on observait dans la foule plusieurs spectateurs munis d’une caméra vidéo. C’est que Misteur Valaire avait demandé à ses fans d’amener leur caméscope afin de participer à une captation vidéo collective du spectacle. Sur son site web, le groupe indique qu’il souhaite ainsi produire un montage utilisant les différents «points de vue» des caméramans amateurs.
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