MV pour méchante virée

Rue Frontenac – 21 octobre 2010
Par Philippe Renault
 

Misteur Valaire, MV pour les intimes, possède un indéniable don pour faire lever une fête. Son passage de l’électro-lounge à la pop ne peut que servir le groupe lorsqu’il grimpe sur une scène, comme on a pu le constater mercredi soir au Métropolis pour la première de Golden Bombay.

Avec une longue brochette d’invités, une mise en scène savante et une habileté à jouer avec le kitsch, tous les éléments y étaient pour offrir une méchante virée musicale.

Pas de temps à perdre, aussi bien mettre le paquet dès le départ, s’est dit le quintette. Voilà une bonne attitude! Tous vêtus de blanc au milieu d’un décor rétro muni d’un escalier menant à la batterie ainsi qu’aux synthétiseurs et cuivres, les membres de MV ont tout d’abord envoyé l’extrait Gumshoe. Comme sur l’album, Benni BBQ était de la partie.

Est ensuite venue Lillehammer, avec ses projections. Les progressions dansantes de cette pièce allaient donner tout une erre d’aller qui mènerait directement à la bombe Ave Mucho, bien évidemment en compagnie de James di Salvio, Monsieur Bran Van 3000, et de Liquid. 

Dès lors, on constatait à quel point le virage pop du groupe pouvait apporter une imposante force de frappe à ses concerts. Non seulement la foule pouvait-elle se laisser transporter par des grooves et ambiances, mais encore elle avait la chance de lâcher son fou! D’ailleurs, envoyée quelques secondes plus tard, Brandon Marlow démontrait parfaitement qu’il est possible d’offrir des compositions aux mélodies fortes et accrocheuses à souhait tout en étant instrumentales.

Mais n’allez pas croire que les Plocul Black, SP 4Lovers et autres Cass Hole détonnaient avec le nouveau répertoire. L’aplomb avec lequel elles ont été livrées était suffisant pour garder l’esprit festif à son sommet.

En symbiose

Il était question plus tôt de brochette d’invités. En fait, tous les collaborateurs du plus récent album se sont pointés le bout du nez à un moment ou un autre. Chapeau à Fanny Bloom qui a offert un tour de chant à la fois sobre et juste sur November Number 3. On retient aussi la prestation de Gigi French sur Mojo Ego. Cette dernière avait beaucoup plus de tonus que la dernière fois qu’on l’a vue sur scène.

Pour ce qui est de la mise en scène, Brigitte Poupart a effectué un travail colossal. Tout semblait être calculé au quart de tour, sans toutefois dénaturer l’esprit bon enfant du groupe, notamment par les petites chorégraphies vraiment ludiques ou encore en envoyant le bassiste François-Simon Déziel dans les hauteurs du Métropolis.

Quant au kitsch, il était omniprésent, que ce soit dans le décor, les costumes ou même l’intégration d’un extrait de Que je t’aime, version Sylvain Cossette. Il faut bien s’amuser un peu, non? 

Tous ces éléments mis ensemble ont fait en sorte qu’on sentait une véritable symbiose entre Misteur Valaire et les spectateurs.

Seul le rappel nous aura en quelque sorte laissé sur notre faim. Ce moment de la soirée normalement conçu pour donner une dernière grosse dose d’énergie aux fans n’était peut-être pas propice à présenter une nouvelle composition (Shaving Part 3), aussi bonne soit-elle. L’intention était également bonne d’inviter Yann Godbout, de Half Baked, qui assurait la première partie, mais la livraison détonnait quelque peu avec le reste du concert. Rien à redire toutefois de Gordon Bombay en conclusion. Une pièce idéale pour se dire au revoir… et à la prochaine!