Un album financé… par les fans!

 

7 jours – 10 mai 2010

Par Marie-France Pellerin


 

«Plus accrocheur, plus texturé et un peu plus sale.» C’est la façon dont Luis Clavis, percussionniste de Misteur Valaire, décrit d’emblée le troisième album de la formation, Golden Bombay, qui sera lancé le 18 mai au Club Soda.

Délaissant le jazz au profit d’une sonorité flirtant davantage avec le pop-rock, le quintette s’est entouré d’une brochette de collaborateurs, dont James Di Salvio et Liquid (Bran Van 3000), qui ont prêté leur talent pour l’enregistrement du premier extrait de l’opus, Ave Mucho.

Un troisième album solide et groovy, réalisé grâce à l’apport financier… des fans! Misteur Valaire a ainsi offert en prévente sur son site Internet Golden Bombay, question d’en financer la production «et de nous permettre de manger! Nous avons fait le choix de nous impliquer à fond dans le processus de création en studio. Nous ne pouvions donc donner des shows comme nous le souhaitions», a mentionné Luis, attablé au Laïka.

Tous dans la vingtaine, les cinq membres ont mis sur pied un modèle économique plutôt novateur, en offrant d’abord leur deuxième opus, Friterday Night, en téléchargement gratuit par leur site officiel et en réclamant ensuite leur dû à l’occasion des concerts qu’ils ont donnés.

Le concept a fait fureur; grâce aux quelque 45 000 téléchargements de l’album, il a ainsi été possible, près d’un an et demi après l’application du concept, de procéder au lancement physique du disque. «Friterday Night nous a vraiment fait connaître au Québec. Ça s’est développé de façon virale, de bouche à oreille. L’album a fait son chemin en deux ans et demi de façon hyper constante.»

Avec une fausse prétention, Luis admet même avoir pavé la voie à Radiohead qui, un mois après le lancement virtuel de Misteur Valaire, proposait In Rainbows sur son site Internet. «Nous sortons notre album gratis et eux le font quelques semaines après nous. C’est un peu choquant», a-t-il commenté, non sans refouler un rire.

S’il est difficile de concevoir comment un tel modèle peut être viable, il faut néanmoins admettre qu’il s’avère des plus astucieux dans une industrie mal en point. «Nous avons donné notre musique dans l’espoir de faire de l’argent sur les spectacles, les produits dérivés et les droits d’auteur. Je ne pense pas que contrer le piratage et mettre des lois restrictives soient les solutions. De toute façon, les gens téléchargent. Il vaut mieux s’en servir.»

Qu’à cela ne tienne! Luis tient à réitérer sa foi en la version physique de la musique. Golden Bombay sera en vente dans les magasins à partir du 18 mai. «Nous ne nous prononçons pas encore sur la façon dont il sera lancé sur le web. Nous croyons au physique mais en tant que produit dérivé. Les gens sentent le besoin d’avoir un produit physique entre les mains. Même le vinyle revient. Ce n’est pas destiné à mourir.»

Misteur Valaire lance Golden Bombay au Club Soda le 18 mai prochain, à 17 h. Pour assister au concert du lancement, mis en scène par Brigitte Poupart, procurez-vous l’album en prévente par le www.misteurvalaire.ca.